Moulins

La question des seuils des moulins

Les rivières Morvandelles, dans un contexte hydrogéologique favorable à l’utilisation de l’énergie hydraulique comme force motrice, ont vu au fil des siècles de très nombreux moulins s’implanter le long de leurs cours. Sur le cours du Cousin-Trinquelin, les premiers apparurent dès le milieu du Moyen-âge; et leur nombre ne cessa d’augmenter jusqu’à la fin du 17ème siècle.

Tous ces moulins ont vu leur consistance originelle évoluer au fil des siècles. Les usages économiques étaient variés : meunerie, huilerie, foulon, battoir, scierie, papeterie etc.

Les seuils ont eux aussi évoluDSCN1301é dans le temps. La hauteur de chute nécessaire à actionner une roue à aube était moins importante que celle nécessaire à la mise en œuvre d’une turbine hydroélectrique au XIXème siècle, par exemple.

Par conséquent, les seuils ont été remaniés, les lignes d’eau remontées et les pentes des perrés et les vannages modifiés.
Certains de ces aménagements, qui modifient le droit d’eau originel, ont été réalisé sans aucune autorisation des autorités de tutelle; et sont de ce fait complètement illégales.

 

Pourquoi les seuils de moulins posent-ils un problème au XXIème siècle ?

 A la fin du XIXème siècle, l’émulation intellectuelle liée à l’essor économique et industriel florissant donna naissance à de nouvelles formes d’énergie : la houille et la machine à vapeur, l’électricité, le pétrole, le moteur à explosion. L’intérêt économique porté aux moulins s’est alors effondré.

Aujourd’hui, la majorité des moulins encore présents sont devenus des résidences et les anciens seuils servent d’usage d’agrément privé et n’ont plus d’usage économique reconnu. Seuls quelques rares moulins font exception et se sont adaptés pour produire de l’énergie électrique.

Sur la trentaine de moulins habités sur le Cousin-Trinquelin; seuls quatre produisent de l’énergie hydroélectrique : le moulin de Vermoiron,le moulin Boivin (dit Léger),le moulin de la Rochette, le moulin Simonneau.

L’Abbaye de la Pierre qui Vire possède également une usine hydroélectrique, avec un barrage équipé d’une passe à poisson à bassins et un canal d’amenée de 1.2 km.; mais elle n’a jamais eu de moulin.

 

La grande majorité des seuils du Cousin-Trinquelin n’est plus entretenu ou mal.

 

DSCN1293Barrage 1 bisDSCN1319100_4262

A l’époque où les moulins avaient une fonction économique, les conflits d’usages étaient très fréquents et les autorités de tutelle ont alors établi des règlements d’eau qui imposaient aux propriétaires des prescriptions strictes en terme de gestion des ouvrages.

 

DSCN1046Ainsi, par exemple, l’ouverture des vannes les jours chômés ou en dehors des périodes d’exploitation était imposée. Ces ouvertures fréquentes permettaient à la fois, un autocurage des biefs d’amenée et des retenues d’eau par le transport des sédiments, et également la circulation des poissons à la montaison-dévalaison (sous réserve que les seuils soient franchissables vannes ouvertes).

Les impacts des seuils sur les cours d’eau étaient donc moindre lorsqu’ils fonctionnaient. Aujourd’hui, trop de vannages restent maintenus en position fermée, depuis leur cessation d’activité, ce qui est contraire au règlement d’eau originel.

 

Par conséquent, en une centaine d’années, la simple présence de ces seuils, qui ne sont plus gérés correctement pour permettre un transit sédimentaire suffisant et la libre circulation des poissons à certaines périodes de l’année, a participé activement à la lente dégradation de la qualité des cours d’eau et à l’érosion de la biodiversité qu’ils abritent.

B.la.F.


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